COMPRENDRE
Transition numérique responsable
L’Anthropocène : replacer le numérique dans son contexte global
Notre usage du numérique s’inscrit dans le contexte plus large de l’Anthropocène — une ère géologique proposée par le chimiste Paul J. Crutzen et le biologiste Eugene F. Stoermer au début des années 2000 pour désigner la période où les activités humaines sont devenues une force majeure de transformation de la planète.
Dans cette perspective, les impacts du numérique dépassent l’échelle mésoscopique de l’entreprise pour rejoindre une dimension macroscopique, celle des équilibres écologiques et sociaux mondiaux.
Les entreprises, en tant qu’acteurs économiques et culturels puissants, portent donc une responsabilité majeure : repenser leurs usages numériques non seulement pour améliorer leur performance interne, mais aussi pour contribuer à une transition durable à l’échelle du vivant.
Discernement technologique
Le concept de « discernement technologique » met en avant l’importance d’une approche réfléchie et mesurée face à l’innovation technologique. Il s’agit de questionner systématiquement l’utilité, l’impact et la nécessité de chaque technologie avant son adoption, plutôt que de céder à une course effrénée vers l’innovation pour l’innovation.
Le choix de l’entreprise quant a l’usage des technologies numeriques depasse l’enjeu economique et devient un choix societal et politique. qui devrait etre discutee. François Jarrige, un historien français, souligne que tout choix technique est aussi un choix politique, car chaque technologie impose une reconfiguration des rapports sociaux tout en organisant les flux de matière — de l’extraction des ressources à leur consommation. Il critique le technosolutionnisme et insiste sur la nécessité de mettre les choix techniques au débat pour construire une société plus durable et socialement juste.

